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Le village de Mille Roches se développa sur les lots 26 et 27 du Canton de Cornwall (Canton Royal #2). Ce village était la communauté la plus rapprochée de l’ouest de Cornwall jusq’au 1er juillet 1958 si on fait exception du hameau de Maple Grove.
Le nom de Mille Roches fait référence aux nombreuses roches des Rapides du Long Sault ou encore aux carrières de pierres calcaires qui se trouvaient au nord du village. On croit que le village doit son appellation à cette dernière interprétation car le Gouverneur de la Nouvelle France avait demandé la permission du Roi de France d’extraire les pierres de ce site au début du dix-huitième siècle. On ne saura probablement jamais sa véritable origine.
Le village de Mille Roches fut très prospère de 1890 à 1910. C’est l’époque pendant laquelle on reconstruisait les canaux et les écluses et on y érigea également une centrale électrique afin d’exploiter le bassin d’amont du Lac Bergin. On avait créé ce bassin d’amont en bâtissant un barrage sur le fleuve ce qui eut pour effet d’élargir le Saint-Laurent entre la terre ferme et l’Île Sheik de Mille Roche jusqu’à Moulinette. On transporta la pierre des carrières avoisinantes jusqu’au bord de l’eau pour servir à la construction du canal et des écluses. Ces travaux permirent aux bateaux de plus grandes dimensions (canaliers) de passer les Rapides du Long Sault. La centrale électrique, complétée en 1901 et produisant un courant électrique de 3000 chevaux-vapeur de puissance nominale, la construction du canal et la Papeterie Provincial qui employait plus de 300 ouvriers, toutes ont contribué à établir la base industrielle du village. Vers le milieu des années 1950, l’usine de fabrication de papier de même que sa machinerie et ses employés déménagent à Thorold, Ontario.
Le village de Mille Roches était une communauté typique de son époque avec plusieurs édifices importants : l’École publique de Mille Roches, la Chapelle catholique romaine St. George, l’Église Unie de Mille Roches et l’Église pentecôtiste Emmanuel. De plus, Mille Roches pouvait s’enorgueillir de son grand aréna arborant un toit très haut avec des poutres cintrées et une patinoire de glace naturelle. La gare du chemin de fer Grand- Tronc se trouvait à l’extrémité nord du village et la « Mocassin » était une locomotive très familière pour les résidents. Plusieurs étudiants devaient faire l’aller-retour jusqu’à Cornwall en empruntant la « Mocassin » afin de terminer leurs études secondaires. Il y avait un noyau de commerces tout le long de la rue principale de Mille Roches, c’est-à-dire le long de la Route #2. Cette route longeait les rives du Lac Bergin et du fleuve. Plusieurs résidences d’importance se trouvaient également le long de cette route. Parmi celles-ci, on se doit de souligner la Maison Kezer, une des plus grandioses. Les habitants de cette maison de briques jouissaient d’une vue panoramique sur le canal et le fleuve à partir de la véranda qui la contournait. Le toit était agrémenté d’une coupole. Lors du déménagement, on ne déplaça que deux édifices construits de briques du village de Mille Roches. On déménagea les maisons de Ezra Johnston et de Hugh Warner sur le chemin Mille-Roches à Long Sault. Ces deux maisons avaient occupé des emplacements importants le long des rives.
Lors de l’inondation du le 1er juillet 1958, on déménagea les habitants et leurs demeures de cette communauté à New Town #2, devenu plus tard le village de Long Sault. De nos jours, on rappelle le souvenir de l’ancien village de deux façons d’abord avec le chemin Mille Roches qui est situé à l’extrémité est de cette nouvelle communauté et par l’Île Mille Roches située le long de la Promenade du Long Sault directement en face du village de la terre ferme.
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